Ce que votre dentiste voit sur une radio

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Une radiographie dentaire prend quelques secondes et produit une image en niveaux de gris que le patient ne regarde presque jamais. Elle sert pourtant à repérer ce qu’aucun examen visuel ne peut atteindre, et la façon de la réaliser a beaucoup changé en vingt ans. Voilà ce qu’il y a derrière ce cliché de quelques secondes.

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Une image de densités, pas une photographie #

La radiologie est une technique d’imagerie de transmission. Des rayons X traversent les structures examinées et parviennent à un capteur. Comme les tissus n’ont pas tous la même densité, la quantité de rayons qui atteint le capteur varie d’un point à l’autre, et les structures apparaissent en niveaux de gris.

Ce que cela rend visible tient en une liste courte mais décisive. Les caries, y compris celles logées entre deux dents. Les atteintes péri-apicales, au bout de la racine. Les lésions osseuses. Les maladies parodontales quand elles ont commencé à toucher l’os. Les traumatismes. Aucune de ces situations ne s’examine correctement à l’œil nu, ce qui explique que l’imagerie reste un outil de diagnostic difficile à remplacer dans la planification d’un traitement.

Ce que le passage au numérique a changé sur la dose #

Les rayons X sont des radiations ionisantes. Une exposition longue, répétée ou de forte intensité n’est pas anodine, et c’est ce qui justifie qu’on ne multiplie pas les clichés sans raison. Les prises de vue intra-orales, les plus courantes en dentisterie, exposent très faiblement.

Le vrai basculement est venu du matériel. En remplaçant le film argentique par un capteur, la radiographie numérique a fait baisser le rayonnement de 50 à 75 %. À Genève, certains centres ont basculé l’intégralité de leur plateau technique en radiologie dentaire numérique, avec des certificats de contrôle établis par l’installateur et un test de constance réalisé chaque semaine pour vérifier que les appareils n’ont pas dérivé.

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Le principe qui encadre chaque cliché #

Les praticiens travaillent selon un principe résumé par l’acronyme ALARA, pour As Low As Reasonably Achievable, soit aussi peu que possible et autant que nécessaire. Concrètement, chaque cliché doit répondre à une question clinique précise. Une radio prise par habitude, sans indication, ne rentre pas dans ce cadre.

En Suisse, l’exercice est conditionné à une autorisation individuelle. Chaque médecin-dentiste qui réalise des radiographies dentaires doit être titulaire d’une autorisation délivrée par l’Office fédéral de la santé publique. L’autorisation porte sur la personne, pas seulement sur l’appareil.

L’étude sur le méningiome, et ce qu’elle vaut #

Plusieurs travaux relayés par les médias ont évoqué un lien possible entre radiographies dentaires et risque de méningiome. Ces études présentent de grandes faiblesses méthodologiques, et surtout elles portent sur une technologie que les cabinets ont largement abandonnée, la radiologie analogique. Les doses qu’elles mesurent ne sont plus celles des appareils actuels.

Cela ne transforme pas les rayons X en procédure banale, et personne dans la profession ne le prétend. Cela signifie qu’un chiffre issu de l’argentique ne dit rien de ce que reçoit un patient sur un capteur numérique aujourd’hui.

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Vos images vous appartiennent #

C’est le point que les patients ignorent le plus souvent. Une radiographie n’est pas la propriété exclusive du cabinet qui l’a réalisée. Au Centre Médico-Dentaire Balexert, la règle est explicite. Dès paiement de la facture, le cliché devient la propriété du patient et lui est remis sur demande, imprimé sur papier ou enregistré sur un support de stockage.

L’intérêt est pratique. Un patient qui change de praticien, qui déménage ou qui souhaite un deuxième avis évite ainsi de refaire des clichés déjà pris quelques mois plus tôt. Moins de rayons reçus, et un dossier qui suit la personne plutôt que le cabinet.

Quand la deux dimensions ne suffit plus #

Une radiographie classique écrase le volume sur un plan. Pour certaines situations, implantologie, dents incluses, anatomie complexe des racines, cette projection atteint sa limite et deux structures superposées deviennent impossibles à départager.

C’est le domaine du Cone Beam CT, qui reconstruit un volume en trois dimensions à partir d’une rotation autour de la tête. Son indication reste posée au cas par cas par le praticien, en fonction de ce que l’examen doit trancher.

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